LA RETRAITE SPIRITUELLEACQUISITION DE LA SCIENCEREPETITION D'ORAISONDOUCEURAMBITIONREPETITION D'ORAISON D'OCTOBRE 1643LA SIMPLICITERIEN NE DOIT EMPECHER LA MISSIONMEDITER LA VIE DU SEIGNEURLA VERTU DU ZÈLELA CHARITÉ ENVERS L’AUTREMYSTÈRE DE L'INCARNATIONCALOMNIEAFFABILITE
RÉFLEXIONS SUR LA RETRAITE SPIRITUELLE

Par ce mot de retraite spirituelle ou d’exercices spirituels, il faut entendre un dégagement de toutes affaires et occupations temporelles pour s’appliquer sérieusement à bien connaître son intérieur, à bien examiner l’état de sa conscience, à méditer, contempler, prier et préparer ainsi son âme pour se purifier de tous ses péchés et de toutes ses mauvaises affections et habitudes, pour se remplir du désir des vertus, pour chercher et connaître la volonté de Dieu, et, l’ayant connue, s’y soumettre, s’y conformer, s’y unir, et ainsi tendre, avancer et enfin arriver à sa propre perfection.

(Saint Vincent de Paul, en Coste XIII, p. 143)

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SUR L’ACQUISITION DE LA SCIENCE

« Le désir d’apprendre est bon, pourvu qu’il soit modéré́.

La vertu a toujours deux vices à ses côtés, et cette affection de savoir peut être vicieuse ou par le défaut ou par l’excès. Souvenez-vous de l’avis de saint Paul qui nous recommande d’être sobres en la science. La médiocrité́ suffit, et celle que l’on veut avoir au-delà̀ est plus à craindre qu’à souhaiter par les ouvriers de l’Evangile, parce qu’elle est dangereuse : elle enfle, elle porte à paraître, à s’en faire accroire et enfin à éviter les actions humbles, simples et familières, qui, pourtant, sont les plus utiles.

C’est pourquoi Notre Seigneur prit des disciples qui n’étaient pas capables d’en faire d’autres. »

M. Vincent
(En Coste VIII, 32-33)

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SUR LA LECTURE A HAUTE VOIX

Mon frère, vous qui avez lu, vous lisez trop bas et un peu vite ; je vous en prie, faites attention. Trop basse, la lecture s’entend difficilement ; trop rapide, elle se comprend avec peine, car l’intelligence ne saisit pas de suite. La semaine passée, je priai le lecteur de lire plus posément, pour laisser aux vérités le temps de mieux s’imprimer dans l’esprit et pour donner plus de facilité à la réflexion. Quand la lecture est précipitée, on ne comprend rien, tout passe et rien ne reste. C’est pour ce motif que l’Eglise ordonne que la lecture se fasse posément.

Cité en Coste XI, 150 (version électronique)

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SUR LA DOUCEUR

Il n’y a point de personnes plus constantes et plus fermes dans le bien que ceux qui sont doux et débonnaires ; comme, au contraire, ceux qui se laissent emporter à la colère et aux passions de l’appétit irascible, sont ordinairement fort inconstants, parce qu’ils n’agissent que par boutades et par emportements. Ce sont comme des torrents, qui n’ont de la force et de l’impétuosité que dans leurs débordements, lesquels tarissent aussitôt qu’ils sont écoulés ; au lieu que les rivières, qui représentent les personnes débonnaires, vont sans bruit, avec tranquillité, et ne tarissent jamais.

Abelly, L. III, chap. XII, p. 180,
En Coste XII, 61-62 (version électronique)

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SUR L’AMBITION

Dieu ne nous a pas envoyés pour avoir des charges et des emplois honorables, ni pour agir ou parler avec pompe et avec autorité, mais pour servir et évangéliser les pauvres, et faire les autres exercices de notre Institut d’une façon humble, douce et familière. C’est pourquoi nous pouvons nous appliquer ce que saint Jean Chrysostome a dit en une de ses homélies, que, tant que nous demeurerons brebis par une véritable et sincère humilité, non seulement nous ne serons pas dévorés des loups, mais nous les convertirons même en brebis.

Abelly, L III, chap. XIII, sect. II, p. 225.
Cité en Coste XII, 61-62 (version électronique)

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SUR L’ETUDE

« Il faut de la science, mes frères, et malheur à ceux qui n’emploient pas bien leur temps ! Mais craignons, craignons, mes frères, craignons, et, si j’ose le dire, tremblons et tremblons mille fois plus que je ne saurais dire ; car ceux qui ont de l’esprit (le savoir) ont bien à craindre : la connaissance enfle ! (1Cor. 8, 1) et ceux qui n’en ont point, c’est encore pis, s’ils ne s’humilient ! »

Cité en Coste XI, 126 (version électronique)

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LA VERTU DE LA SIMPLICITE

La simplicité, qui consiste à faire toutes les choses pour l’amour de Dieu, et n’avoir point d’autre but, dans toutes ses actions, que sa gloire. Voilà proprement ce que c’est que la simplicité. Tous les actes de cette vertu consistent à dire les choses simplement, sans duplicité, ni finesse ; aller tout droit devant soi, sans biaiser, ni chercher aucun détour. La simplicité donc est de faire toutes choses ; pour l’amour de Dieu, rejeter tout mélange, parce que la simplicité dit négation de toute composition. C’est pourquoi, comme en Dieu il ne se rencontre aucune composition, nous disons qu’il est un acte très pur et un être très simple.

Conférence du
22 août 1659

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RIEN NE DOIT EMPECHER LA MISSION

Monsieur,…
Très volontiers, Monsieur, j’approuve que vous ayez des lits portatifs, comme vous me mandez. Il y aura quelque chose à redire selon le monde ; mais là où la nécessité presse il n’y a ni loi ni raison qui doivent empêcher qu’on n’en use de la sorte. Quel moyen de subsister parmi ces montagnes, sans lit, en hiver ? Faute de cela, il faut que les missionnaires meurent, ou qu’ils laissent à faire la mission, notamment en hiver.

A Bernard Codoing
26 juillet 1640

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MEDITER ET FAIRE ORAISON SUR LA VIE ET MORT DU SEIGNEUR

Aucune d’entre vous chères sœurs n’est si ignorante qu’elle ne sache la vie de Notre-Seigneur : comme il s’est incarné, sa naissance dans l’étable de Bethléem, sa circoncision, l’adoration des trois rois, sa fuite en Égypte et le reste de sa vie jusqu’à sa mort. Tenez-vous là, mes sœurs, vous qui ne savez pas lire ; attachez-vous aux mystères de la vie et mort de Notre-Seigneur. Si les pensées vous manquent, élevez-vous à Dieu par quelque aspiration. Que si, après cela, vous n’avez point de pensées, dites le Pater avec Credo et après remettez-vous en oraison. Si vous demeurez à sec, dites une dizaine de votre chapelet. Allez, mes sœurs, consolez-vous ; si vous faites comme cela, je dis que vous ferez bien l’oraison et peut-être mieux que celles qui savent lire, si tant est qu’elles n’aient pas plus d’humilité que de science.

CONFÉRENCE DU 6 OCTOBRE 1658
M. VINCENT

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LA VERTU DU ZÈLE

Le zèle consiste dans un pur désir de se rendre agréable à Dieu et utile au prochain. Zèle pour étendre l’empire de Dieu, zèle pour procurer le salut du prochain. Y a-t-il rien au monde de plus parfait ? Si l’amour de Dieu est un feu, le zèle en est la flamme ; si l’amour est un soleil, le zèle en est le rayon. Le zèle est ce qui est de plus pur dans l’amour de Dieu.

Conférence du 22 août 1659
M. VINCENT

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LA CHARITÉ ENVERS L’AUTRE

« Les actes de charité envers le prochain, seront toujours en vigueur parmi nous, comme sont :
Premièrement, de faire aux autres le bien que nous voudrions raisonnablement qu’ils nous fissent ;
2° ne jamais contredire personne, et trouver tout bon en Notre-Seigneur ;
3° s’entre-supporter les uns les autres sans murmure ;
4° pleurer avec ceux qui pleurent ;
5° se réjouir avec ceux qui se réjouissent ;
6° se prévenir d’honneur les uns les autres ;
7° leur témoigner de l’affection et leur rendre cordialement service. Bref, se faire tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ. Tout cela s’entend, quand il n’y a rien contre les commandements de Dieu ou de l’Église, ni contre nos règles ou constitutions. »

Conférence du 30 mai 1659 (Coste XII, p. 260)
M. VINCENT

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MYSTÈRE DE L’INCARNATION

Nous n’avons rien de nouveau que le mystère qui approche, qui nous fera voir le Sauveur du monde comme anéanti sous la forme d’un enfant ; et j’espère que nous nous trouverons ensemble aux pieds de sa crèche pour le prier qu’il nous tire après lui dans son abaissement. C’est dans ce souhait et en son amour que je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

“A JEAN MARTIN, De Paris 22 décembre 1656”
M. Vincent

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SUR LA CALOMNIE

« Il y a une personne dans la Compagnie qui, étant accusée d’avoir volé son compagnon et ; ayant été publiée pour telle dans la maison, quoique la chose ne fût pas vraie, ne voulut pourtant jamais s’en justifier, et pensa en elle-même, se voyant ainsi faussement accusée : «Te justifieras-tu ? Voilà une chose dont tu es accusée, qui n’est pas véritable. Oh ! non, dit-elle, en s’élevant à Dieu, il faut que je souffre cela patiemment» Et elle le fit ainsi. Qu’arriva-t-il ensuite ? Messieurs, voici ce qui arriva. Six mois après, celui qui avait volé étant à cent lieues d’ici, reconnut sa faute et en écrivit et demanda pardon. Voyez-vous, Dieu veut quelquefois éprouver des personnes, et pour cela il permet que semblables rencontres arrivent. »

(Coste XI, 337).

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SUR L’AFFABILITE

Vincent de Paul recommandait particulièrement aux siens la pratique de l’affabilité envers les personnes :

«Autrement, ils se rebutent et n’osent approcher de nous, croyant que nous sommes trop sévères, ou trop grands seigneurs pour eux. Mais, quand on les traite affablement et cordialement, ils conçoivent d’autres sentiments pour nous et sont mieux disposés à profiter du bien que nous leur voulons faire.»

(Abelly, III, chap. XII, p. 181.)

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